Parcours artistique d'Anne-Marie

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Après ses études en théâtre à l’Université d’Ottawa au début des années 1990, elle s’engage au sein d’une compagnie de théâtre qui émerge à l’époque dans la région de la capitale nationale, le Théâtre la Catapulte. Cette compagnie qui défend alors les créations les plus audacieuses et expérimentales de la région lui permet de faire ses premières armes en tant que metteure en scène et comédienne, alors qu’elle collabore intimement avec l’auteur franco-ontarien et fondateur de la compagnie, Louis Patrick Leroux sur les projets de la compagnie. Le spectacle majeur de cette adolescence artistique est sans nul doute Le Rêve totalitaire de Dieu l’Amibe, une fresque théâtrale construite en cinq mouvements qui dénonce avec véhémence la dictature religieuse et qui annonce l’isolement causé par l’envahissement du monde virtuel.

À la suite de cette période effervescente d’expérimentations artistiques, Anne-Marie est admise au programme de mise en scène de l’École nationale de théâtre du Canada à Montréal. Aux côtés des mentors Brigitte Haentjens, Wajdi Mouawad et Marie Gignac, elle entame une réflexion sur le sens du langage scénique qui se développe peu à peu dans son travail de mise en scène. Le travail du corps de l’acteur et le questionnement sur le sens qui s’y dégage sont au cœur de ses préoccupations alors qu’elle met en scène Agatha de Marguerite Duras, Leçond’anatomie de Larry Tremblay, ainsi qu’une adaptation scénique du roman Seule la mer de l’auteur israélien Amos Os. Une signature scénique personnelle semble se définir de plus en plus, et ce projet en est révélateur, un langage qui se construit à la fois à partir de l’intellect et du sens, à la fois à partir de l’instinct et l’inconscient.

Peu après sa sortie de l’École nationale de théâtre, la gestionnaire en elle se révèle impatiente, et le besoin de fonder sa propre compagnie de théâtre devient incontournable. En 2004, elle fait l’acquisition d’une propriété entre Montréal et Ottawa, en plein cœur de la campagne franco-ontarienne, un domaine comprenant une salle de répétition ainsi qu’une demeure pouvant accueillir des artistes en résidence. Les trois années qui suivent voient naître ses deux fils, sa compagnie émergente le Théâtre de la Cabane Bleue et une première version scénique d’Écume présentée à Ottawa et Montréal en septembre 2007. Cette recherche artistique étalée sur trois années, dont le corps est au cœur du processus, ainsi que sa rencontre avec la chorégraphe montréalaise Catherine Tardif changera à jamais sa façon d’appréhender le théâtre.

En 2008, Anne-Marie est nommée directrice artistique et générale du Théâtre du Trillium à Ottawa, un théâtre de création qui œuvre dans la capitale nationale depuis 35 ans. À peine arrivée aux rênes de la compagnie, elle signe, sur invitation de la directrice sortante, la mise en scène de Grincements et autres bruits de l’auteur belge Paul Emond avec qui elle entretient des liens privilégiés depuis. L’année suivante, elle signe sa première saison en tant que directrice artistique et défend une œuvre de l’auteure danoise Astrid Saalbach, dans la création française du texte Le Bout du monde (Prix nordique de la dramaturgie ainsi et que Reumert). Ces deux projets permettent à la nouvelle directrice de présenter au public d’Ottawa des dramaturgies européennes qui s’éloignent des esthétismes habituels. Parallèlement à ces deux spectacles, Anne-Marie travaille à l’aboutissement de son premier texte dramatique, Écume, qui est présenté au Théâtre du Trillium en octobre 2010. Il s’agit sans aucun doute de l’œuvre la plus personnelle et aboutie du parcours artistique d’Anne-Marie White.

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